Mot du mock #1 : Andromaque, de J.R.

Le Mock est une chaîne YouTube dont les joviaux animateurs ont décidé de faire apparaître les classiques de la littérature sous un jour nouveau, et, ma foi ! bien rigolo. Pour prolonger les vidéos, voici leur premier « Mot du Mock », en exclusivité sur la Revue Brat.

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Avant de la quitter, il tournut le regard une dernière fois dans sa direction :

– Qu’est-ce que tu veux, Oreste ? lui demanda-t-elle de sa sulfureuse voix de fausse rousse.

– Tu me demandes qu’est-ce que je veux ? lança-t-il de l’air malicieux dont il était coutumier. Mais rien du tout. Simplement te dire ces quelques mots : merci, Hermione.

– Merci…merci ? C’est tout ce que tu as à me dire Oreste ?

– Je… je ne sais pas… C’est… C’est trop dur de te parler avec… Avec tous ces points de suspension.

– Haha ! dit-elle avec un sourire blanc comme la soie. Ne dis pas ça ! C’est mignon, tu ressembles à Forrest Gump ! Parle-moi de chocolats, Oreste.

– Non, c’est…c’est trop facile ! Je ne sais plus, je ne peux plus…

– Arrête ! Tu sais bien que tu me fais du mal !

Oreste enleva son doigt de l’œil d’Hermione.

– Pardonne-moi Hermione, je…je ne savais pas…

Les yeux sombreux d’Oreste venirent alors se perdre dans l’obscurité de son doute.

Oreste aime Hermione, mais Hermione, elle, aime désespérément Pyrrhus. Cependant, Pyrrhus est épris d’Andromaque qui aime toujours son mari Hector, tué par le père de Pyrrhus à Troie. Le beau bordel. Hé oui, chez Racine on arrive souvent à des situations comme ça parce qu’avec lui la tragédie va peu à peu quitter les questions publiques pour entrer dans la sphère privée. On n’est plus chez Corneille et son goût pour l’épopée à la Ridley Scott. Ouais mon gros ! ici tu pénètres dans le monde des passions enfouies et des secrets qui font trembler les murs des palais. Au détour d’un couloir s’est glissée la rumeur, indistincte d’abord, inaudible, puis le bruit a enflé, oui il éclate: Adromaque accepte d’épouser Pyrrhus pour sauver son fils ! BADABOUM les rêves d’Hermione s’effondrent. Voici venu le temps des fous qui comme le sang vont inonder la scène racinienne de leurs cris. « Qui te l’a dit ? » « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » Les questions des frénétiques noient l’intrigue politique qui est alors subordonnée à l’intrication des coeurs.

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