Mot du Mock #2 : Madame Bovary, de G.F.

Je veux dédicacer ce slam

À toutes les rêveuses de panam

Qui attendent un charmant prince imaginé

En claquant leur acné.

Je veux dédicacer ces mots

À toutes celles qui comme Emma

trouvent que la vie te laisse le choix

qu’entre être hémi ou être émo.

C’est l’histoire de cette zinzin qui créchait au couvent, à couvert de la vie, près des vieux près des veaux.

Elle faisait rien qu’à lire des bouquins à l’eau de rose, starfallah ! Elle rêvait en grattant ses mycoses.

Enfin elle a quitté cette prison dorée mais sans déménager de sa prison de papier.

C’est alors qu’la nénette rencontra un mecton qui plumait les alouettes et n’gagnait pas un rond.

C’était un brave gars normand : « je serai ton prince meuglant, ton prince rassi, je t’expliquerai les intrants, appelle-moi Bovary ! »

La gamine rougissante acquiesça sans vérifier si dans les yeux du loubard ruminant on y voyait une étincelle de pensée, un soupçon de raisonnement.

Les noces furent terribles, une orgie babylonienne, une saturnale gomorrhéenne; bref, un putain de plan à soixante qui carburait à la vodka, un genre d’anniversaire homologué BAFA qui dégénère en mode DSK.

À partir de c’moment elle va s’décomposer. Elle active son radar en quête d’un kiki adoubé et déniche un aristo phallocrate qui lui démonte la rate avec une hardiesse républicaine. La bouche pleine de souvenirs merveilleux, elle rentrait chez son mari où, troublée par la langueur de sa vie monotone tellement moins violente que son espérance survoltée, elle somnolait près de son ronfleur de bovary. Mais ce trompeur, ce scélérat, ce marot, ce Bernard Tapie de l’emportement amoureux, ce connard de stipendiaire d’OGM anobli – de la Huchette, suivez, merde ! – saute dans sa Delorean et disparaît aussi soudainement que les parents de Batman. Perdue, égarée dans les confusions passionnelles et l’impression quelque peu désagréable d’avoir été prise pour une conne, Emma décide de tromper son mari cornu en offrant son corps nu (hoho quel poète !) à une teub plus triviale, plus basse, celle d’un clerc de notaire. Lui, une fois sorti d’elle, aimait encore Emma si fort ! Et pourtant la belle, écœurée par la vie qu’elle avait bu à trop grandes gorgées, songeait déjà à mettre fin à ses jours en se logeant une sphérique Stoffe in dem Gehirn, comme on disait pendant les heures si sombres de notre histoire. Mais touchante de féminité jusque dans ses derniers instants, elle préfère à son Glock une poignée de poudre mortelle, qu’elle se fourre derrière la glotte. Un bad trip sale attend la rebelle, qui laisse son cornu et la chiarde de gamine qu’elle lui avait pondu orphelins derrières des poubelles. C’est la fin.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s