Moule à grosses : l’obligation de la féminité

Prolifération d’images sur les réseaux sociaux, appropriation par le tout-venant d’une vitrine de lui-même ou simplement besoin de sortir le corps des normes définies : autant de processus qui peuvent expliquer l’apparition sur nos écrans de la revendication d’un corps autre, d’un corps qui ne rentre pas dans la norme qu’on exigeait de lui (en particulier à partir du tournant du siècle) un corps que l’on dira « gros », et revendiqué comme tel. Si cette entreprise de légitimation d’une plasticité naturelle du corps féminin semble évidemment de bon aloi, l’industrie de l’image, qui comprend non seulement la mode, mais la publicité en général, et les réseaux sociaux (instigateurs mais aussi censeurs du phénomène, on verra pourquoi) ont tôt fait de reprendre à leur compte cette « dérive », et tandis qu’elle avilissait le corps féminin en lui imposant d’être fin, blanc et muet, elle ne peut maintenant que créer un espace de tolérance face à cette rébellion en imposant le corps gros comme « l’autre » corps, la face B de ce que peut être une femme, et, comme on met sous vide un jambon, elle en a défini les conditions de consommation, réduisant à nouveau cette « excroissance » de la norme à une autre norme, avilie, définie par l’œil masculin, et encore une fois sommée de plaire et de se soumettre.

Tentons alors de définir la dangerosité de ce nouvel état de fait, qui déguise derrière une apparente libération, ou pire, derrière le mot « féminisme » une hypersexualisation de la femme « grosse », prétendument libérée de ses complexes. Par un retour à « l’éternel féminin », par une animalisation et un désir de soumission déguisés derrière un amour des « vraies femmes », par une dépossession de la femme à son propre corps via une vision toujours hétérocentrée, un renforcement des clichés du colonialisme, du patriarcat, de la femme tentatrice se dessinent les nouveaux contours d’un corps, tout aussi faux et fabriqué que sa face A, le corps fin : ce corps face B, supposément gros, supposément supérieurement féminin, supposément salvateur, mais toujours autant haï. Un nouveau corps qui agite le drapeau d’une fausse rébellion essentiellement fabriquée pour répondre à la frustration d’une femme écrasée par les injonctions à la minceur et à la beauté, mais qui ne fait que l’enfermer plus encore, imposant sa tyrannie sur toutes les options imaginables, ne laissant, au contraire, plus aucun espace de liberté.

Une seule nuance de graisse

Comme tout bon diktat, celui de la « grosse » comporte des bornes, des exigences basées sur des fantasmes. Le premier est celui du retour. Retour aux valeurs d’antan, retour à ce qu’étaient les vraies femmes. On a en effet, au cours de ces dernières décennies, glorifié dans le monde de la mode et donc dans une bonne partie de la publicité, l’esthétique d’un corps toujours plus jeune, toujours plus fin, qui tenait justement à effacer la différence entre un corps d’enfant et un corps pubère. On y voit évidemment le désir d’une jouvence éternelle, mais aussi l’envie toujours plus folle de voir les femmes « disparaître », se réduire, tenir toujours le moins de place possible. L’envie de vouloir mettre fin à une telle aliénation en rétablissant le droit au corps est tout à fait légitime, sauf que cette attente est broyée par une industrie qui ne peut survivre sans enfanter des modèles inatteignables et pourtant présentés comme si proches : bases de leur stratégie marketing et de leur suprématie propagandiste. Cette stratégie du corps face B nous enjoint donc à retrouver cette femme d’antan, cette vraie femme avant son déclin, qui avait des formes et qui en était fière, et dont, surtout, le mari était fier.

Un exemple flagrant est analysé par Mona Chollet dans son ouvrage Beauté Fatale, celui de l’engouement provoqué autour de la série Mad Men. M. Chollet explique que la dimension scénaristique, c’est-à-dire la pression exercée sur les femmes de ces années 50-60, qu’elles soient réduites à leur rôles d’épouses, de mère au foyer ou bien au travail et la dénonciation d’un patriarcat abject est complétement occultée au profit d’un nostalgie déplacée vis à vis de ses femmes d’antan : « Quand les hommes étaient des hommes et les femmes portaient des jupes », cinglant slogan de la série. Nombre de magazines de mode, dont l’édifiant Elle se sont empressés de traduire ce phénomène en enjoignant les lectrices à ressembler aux héroïnes de la série, si bien mises, si féminines, en proposant la garde-robe complète de Betty Draper ou de Joan Holloway, qui, étant plus « grosse » que les héroïnes habituelles de la télé, est appelée à l’aide pour constituer un modèle pour les lectrices mal dans leur corps : pas d’inquiétude, le look sexy est là pour les enfermer. « D’une fiction explorant les ravages causés par l’obsession des apparences, la stratégie commerciale et la réception médiatique ne retiennent donc que… les apparences. D’une critique féministe au vitriol, elles font une célébration de la femme-objet, cantonnée aux tenues aguicheuses et aux rôles subalternes » en conclut Mona Chollet.

La seule échappée du corps gros hors d’une injonction à la maigreur, c’est d’épouser le moule du féminin. Que les grosses se réjouissent, elles peuvent, elles, ressembler à des pin-ups, et, si l’on en croit la presse féminine, de ce fait se libérer et enfin prendre possession de ce corps si détesté. Il semble donc en effet que plus le corps se dénude, plus il sera accepté. Rappelons tous de même que la pin-up est une pure création masculine de la femme idéale et fantasmée, censée « remonter le moral » des troupes GI américaines.

La seule façon d’être grosse, c’est de s’habiller dans un look qui signe votre appartenance à une époque surannée, et qui fait signe vers une récession, une époque où la femme était moins libre, et où surtout, elle se subordonnait au regard des mâles dominants. En clair, la seule manière d’être « grosse », c’est de combler ce défaut en se subordonnant au regard masculin, c’est de faire appel aux grandes figures de fantasmes qui nous précèdent. Rien que ça.

Quand la femme se dresse contre elle-même

Le magazine féminin est un beau manuel de schizophrénie. Et ça tombe bien, c’est ce qu’on exige de la femme. On y trouve beaucoup d’articles doucereux, proposant une solution définitive à l’acceptation de son corps : « fini les complexes », « Cette année je m’assume », tant d’articles souvent clôturés par des recommandations de crèmes amincissantes. Des hommes « tests », comme interrogés dans la rue par Elle, nous livrent leurs sentiments. À la vérité, ils aiment les femmes avec des formes, que la lectrice ne s’inquiète plus, la voilà rassurée par le genre dominant. Tandis que cette même domination lui imposait la minceur, la jeunesse et la perfection, on lui révèle que ce sont de vraies femmes que l’Homme attend, et surtout, on veut qu’elle « s’assume ». Ce ne sont pas les seuls exemples où la femme parle à la femme en lui disant d’assumer son corps non pas par ce qu’il est mais par ce que l’homme lui permet d’être. Lors de mes recherches d’images ou d’articles concernant les modèles « grandes tailles », dont je reparlerai, je suis tombée sur nombre de montages, se mêlant à l’atmosphère d’abord assez rassurante et déculpabilisante des photos de corps imparfaits et différents. On peut y lire « Les hommes n’aiment pas les os », « depuis quand ça : (photo de mannequin aujourd’hui ) est plus sexy que ça (photo de Marilyn Monroe)  » etc

More attractive

On nomme ce phénomène le « skinny bashing ». La femme qui veut s’accepter semble donc obligée de reproduire le processus qui l’a d’abord mise au ban : c’est-à-dire rétablir une norme, un étalon à suivre (et dont tout non-exécutant est banni et rabaissé : ici, la fille maigre) mais aussi et surtout s’inféoder au désir et pouvoir de l’Homme, qui lui seul est juge dans cette affaire. Ainsi, si l’Homme est excité, s’il juge le corps «  sexy », le corps a le droit d’exister, la femme en « demande » entre au service des puissants. Il est frappant par ce phénomène de voir à quel point les femmes ont intégré la leçon de la suprématie masculine, et de la disponibilité de leur corps face à celle-ci, tout autant que l’absence de scrupules face aux corps des autres, puisque qu’elles n’en ont aucun face au leur. Derrière tout cela réside un réel désir de se légitimer, de s’émanciper, une soif d’avoir droit à son corps. La femme d’aujourd’hui, censée être libérée, a intérêt à l’être. Et pourtant, son corps est une marchandise dont il faut qu’elle devienne, avec l’appui des puissants, son propre manager. On assiste donc à des injonctions à la féminité comme à l’émancipation, brouillées ensemble et bien difficiles à démêler.

Men and dogs

L’arme de sexualité massive

Qu’à cela ne tienne d’avoir un gros corps, encore faut-il l’enfermer dans une représentation éculée de la vraie femme. Le fantasme de la pin-up, de la femme d’avant, c’est-à-dire en fait, avant qu’elle ne s’émancipe, fait appel aux représentations millénaires de la femme, ses « attributs féminins » deviennent des armes pour conquérir le mâle, dans la parfaite tradition de la femme tentatrice.

La femme semble donc « s’émanciper » en « rétablissant » ses attributs féminins comme arme de marketing massif. Que ce soit par un retour à la pin-up vintage, au charme suranné, et qui englobe le corps dans une dimension « acceptable » du gros, ou par l’exemple de Kim Kardashian, ou de Nicky Minaj. L’augmentation de la superficie du corps, l’augmentation des fesses, des seins, des cuisses s’accompagne inexorablement d’une augmentation du potentiel sexuel du corps.

Dans le Elle de mai 2014, un article sur le « retour des belles fesses », titre qui, s’il évite soigneusement de dire que la fesse en question est plus grosse, plus grande ou plus nourrie, nous fait osciller entre consternation devant tant d’hypocrisie (si ces fesses sont si belles, pourquoi ne peuplent-elles pas les magazines ?) et rappel suranné d’un vocabulaire d’anciens (« des belles fesses », « de bonnes cuisses » : c’est ma grand-mère qui parle ainsi). On a ici encore l’évocation de ce fameux retour à « l’éternel féminin ». Cet article est donc, outre un véritable torchon, une mine en ce qui concerne l’hypersexualisation à laquelle nous nous intéressons : femme hyper-sexualisée, donc, autant qu’hyper-sexuée. Être conforme à son genre de femme, à son sexe, c’est coller au désir qu’on a de la femme, c’est neutraliser toute ambiguïté. On parle de « postérieurs gironds », de « croupes bien en chair » conquérant l’avenir. « Les pin-up sont de retour » clame-t-on : il est assez parlant de voir que les pin-ups sont bien ici malgré tout considérées comme des bouts de corps, des pièces rapportées, et non pas, comme on nous l’avait fait espérer, des femmes libérées. On passera sur l’animalisation parfaitement dégoûtante contenue dans le mot « croupe », qui rappelle que la femme peut être « pouliche » ou « chienne », car on nous explique un peu plus loin, en prenant pour exemple les fameuses fesses de Kim Kardashian, qu’elles sont « faites pour être vues de loin, elles lui permettent de s’imposer parmi les autres femmes et de capter le regard des mâles ». Une stratégie toute animale, de survie de l’espèce. Avec ses fesses, la femelle indique aux mâles aux aguets qu’il est préférable de se fourrer ici et pas ailleurs. « En résumé, c’est un peu comme si elle s’affirmait avec ses courbes ». Ce processus tient donc de l’affirmation de soi, à en croire Elle. Il nous est ici permis d’en douter.

La grosseur mène ici à l’affirmation d’une sexualité dévorante, au cliché millénaire de la femme fatale, aux attributs « féminins » hypertrophiés, et au désir de conquête de l’homme sans scrupule, mais aussi à une certaine idée de la femme fertile, qui appelle le sexe comme un instinct. Cette analyse, qui me semble assez affligeante, est reprise en partie, sans le moindre problème, dans ce même article : « Aujourd’hui, le modèle occidental de l’hyper-minceur qui domine le monde est défié par un contre-modèle issu des nouveaux géants économiques du Sud. Au Mexique, au Brésil, dans les Caraïbes ou encore en Afrique, de grosses fesses rondes riment avec beauté, sensualité, fertilité. Ce modèle est promu par des stars de la chanson souvent métissées qui proposent une alternative très incarnée, vivante, gaie, énergique, à la froideur désincarnée des images de mode occidentales » nous apprend le sociologue Jean-Claude Kaufmann, auteur de La Guerre des fesses, qui nous offre ici une belle brochette de clichés nauséabonds : d’abord celui d’un exotisme postcolonial, où la femme noire, ou du moins « du Sud », présente une sensualité débridée, d’où découle une acceptation d’un corps opulent, nourricier, à la fois excitant et maternant, tout cela dans une atmosphère d’euphorie presque constante. Elle est donc légitimement « incarnée », au sens propre, la chair lui est plus abondante. Par son statut exotique, par le fait qu’elle « s’assume », qu’il fait soleil chez elle et qu’elle rit sans s’arrêter, elle est légitimement « grosse », elle se doit même de l’être, pour coller avec l’image d’Epinal que l’on crée de sa « culture ».

Ce que l’on remarque surtout dans cette « analyse », c’est l’opposition d’un modèle de femme contre un autre. C’est le renforcement d’une image de la grosse pauvre heureuse et « métissée » (ce qui regroupe à peu près tout ce qu’on peut imaginer de non-blanc) contre la sylphide blanche, chic, froide et riche.

Dans la catégorie des chanteuses «  métissées » comme les appelle Jean-Claude Kaufmann, on trouve Nicky Minaj, grand exemple de revendication de la fesse comme atout supérieur de vente. D’aucuns l’érigent en féministe : son parcours de self-made woman en témoignerait, elle décomplexerait le corps féminin en se réappropriant son corps comme une sorte d’arme. Pourtant, après écoute de son tube « Anaconda », et surtout après vision de son clip, je me permets d’avoir quelques réticences, tout du moins en ce qui concerne notre objet d’étude. Si elle remet en cause les codes d’un hip-hop majoritairement masculin, en jouant sur les mêmes effets que ces derniers : gangs, chosification de l’autre sexe ; la portée féministe de la chose est fragile. Pour commencer, on assiste à l’exact même phénomène de skinny bashing dans les paroles : «  he don’t like them boney, he want something he can grab » « Fuck the skinny bitches!/ Fuck the skinny bitches in the club!/I wanna see all the big fat ass/Bitches in the muthafuckin’ club/Fuck you if you skinny bitches, what?” C’est-à-dire donc le même phénomène d’opposition d’un groupe de femmes contre un autre. De plus, les paroles revendiquent une vénalité assumée : “Bought me Alexander McQueen/He was keeping me stylish”. « L’anaconda » n’est pas sans rappeler le serpent de la tentation, tentation mise en image à la fin du clip, où la chanteuse twerke «  sur » le rappeur Drake, l’empêchant, quand il avance sa main sur ses fameuses fesses, de la toucher. Si la femme refuse, elle rentre cependant dans ce moule de la tentatrice au pouvoir magique de séduction. Cette exhibition, si on peut parler ainsi, relève tout de même du stéréotype. C’est une projection d’un regard d’homme sur la femme que nous voyons à l’œuvre. Qui se rebiffe, certes (ou plutôt qui tente puis qui laisse sur la faim) mais c’est encore associer la puissance de la femme à une puissance exclusivement sexuelle : en gros, à l’homme la puissance économique (c’est lui le dealer de drogue de la chanson, lui qui achète du Alexander Mc Queen), professionnelle et intellectuelle, et à la femme la puissance de pouvoir faire lever le pénis d’un garçon en secouant ses fesses.

Derrière tout cela : une honte du corps et une peur du gras

Systématiquement associer le corps féminin plus gros que la norme à sa dimension purement sexualisante, mais aussi découper le corps de la femme en « attributs », le réduire en pièces détachées d’un tout qui ne présente en lui-même aucun intérêt, c’est apposer un regard avilissant, réducteur sur la femme et sur son corps, empêcher son propre regard de s’y poser, empêcher une réelle émancipation. Si bien que, dans la logique d’un patriarcat bien connu, tout ce qui est sexy peut soudain devenir vulgaire, tout ce qui est glorifié pour sa chair peut devenir obscène. C’est le cas de Sam Newmann, étudiante de 19 ans, qui s’est vu retirer sa photo postée sur Instagram d’elle-même en maillot de bain, avec sensiblement la même portion de tissu et dans la même position que n’importe quelle autre photo de fille plus mince : la photo violait les « règles de communauté », soit l’interdiction de « contenus numériques présentant des rapports sexuels, des organes génitaux ou des plans rapprochés de fesses entièrement exposées.” Si notre société semble bien décomplexée, le corps reste encore plus que jamais objet de honte. Seulement, ce n’est plus le vêtement qui doit réparer l’affront mais la peau, la graisse, le corps lui-même qui doit s’adapter aux demandes qui lui sont faites. Car nous avons encore peur du « vrai » corps. On dit en donner en affichant des supposées « vraies femmes » en couverture de magazine, on nous donne encore du faux. Les mannequins grandes tailles utilisent des prothèses aux endroits stratégiques « féminins » de leurs corps. Nous avons peur du réel. De l’os saillant comme du gras offensif, de la vergeture comme de la cellulite : tous soigneusement effacés au curseur de l’outil Photoshop. Ainsi, il est primordial d’enfermer le corps dans une fantasmagorie, on le veut nu mais sexué, il ne faudrait pas se tromper sur la marchandise. Si le vêtement cachait ce qu’il ne fallait pas voir, désormais c’est à la chair, à la peau de se faire la plus lisse possible, la plus tonique, la plus réduite, la plus irréelle, pour ne pas s’abaisser à la prosaïque réalité, pour ne pas dégringoler de l’éther du « féminin », bourbier dans lequel la femme se débat.

Les injonctions à la beauté féminine sont si fortes, la pression si universelle sur le corps féminin que le besoin de voir un corps autre que parfait, mince et jeune fait son apparition. Seulement cette échappée n’a pas une durée de vie bien longue, car elle est rattrapée, comme toujours, par une vision patriarcale et essentiellement masculine et hétérocentrée : la femme, comme pour se dédouaner d’avoir ce corps-là, doit être féminine. Chose qu’on ne lui impose absolument pas en ce qui concerne un corps plus « androgyne ». Selon moi, c’est une peur de la chair qui impose d’associer ce corps à un modèle rassurant : celui de la femme opulente et protectrice, telle que la mère, mais aussi et surtout celui de la femme fatale, aux « attributs féminins » hypertrophiés. Cette façon de ranger la femme dans une catégorie définie par l’homme et d’imposer sa chair comme attisant le désir empêche la réelle émancipation de celle-ci du regard de l’homme, et donc son émancipation tout court. C’est aussi une manière de faire signe hypocritement vers une compensation d’un défaut. De ne pas avoir un corps parfait, la femme doit s’excuser, par un surplus de féminité.

Le droit d’aimer son corps dans un cadre normal devrait pouvoir s’appliquer : cette vie de tous les jours, où l’on s’habille, où l’on ne met pas nécessairement des talons et des robes moulantes parce nos kilos nous le demande, où l’on ne twerke pas et où, pourtant, la nécessité d’être honnête et à l’aise avec son corps est primordiale.

Laure Blatter

IAMATINYOWL:

« Quand je dis que je veux plus d’acceptation du gras, ça ne veut pas dire que je veux voir plus de filles blanches au corps en forme de sablier, sans aucune cellulite, moulées dans un style pin-up des années 50.

Donnez moi des gens gros à la distribution du gras différente. Donnez moi des gens gros en maillots de bains, donnez moi des gens gros sans aucun sens du style, donnez moi des gens gros et de couleur. Donnez moi des gens gros et transgenre et des gens gros qui ne rentrent dans une aucune définition de genre. Arrêtez de créer un seul type de corps gros, le seul “acceptable”. Vous êtes pour l’acceptation de TOUS les corps ou vous n’êtes pas vraiment dans l’acceptation du corps. »

http://www.huffingtonpost.com/2014/07/16/samm-newman-instagram-fat-shame_n_5592939.html

Anaconda, de Nicky Minaj :

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Une réflexion sur “Moule à grosses : l’obligation de la féminité

  1. Un super article, très bien écrit et vraiment puissant ! Du vrai féminisme…! à partager sans modération, surtout aujourd’hui quand l’émancipation sexuelle et l’émancipation des femmes est avant tout une question d’images, de discours formatés et de lieux communs. ça me rappelle le buzz qu’avait fait une étudiante américaine en affirmant qu’elle payait ses études en tournant dans des films porno pour ensuite ajouter que c’était un moyen pour elle de se libérer des contraintes imposées par la société sur la sexualité. L’absurdité même quand on sait que ces tournages sont en fait de la prostitution d’étudiantes qui prend un autre nom et que les codes et les normes de la pornographie sont des plus rigides. Par contre concernant ce que tu dis sur Nicki Minaj, je ne suis pas tout à fait d’accord. En fait elle ne remet même pas en cause du tout les codes du Hip-Hop, elle les connait très bien et les affirme à mort! Dans le rap « mainstream » la femme est toujours une « bad bitch » : si elle joue en second plan dans un clip masculin, elle est à la disposition des mains du rappeur; si c’est elle qui rappe c’est aussi souvent la « bitch » comme Lil Kim en 95 déja dans son titre « queen bitch » (dont Nicki Minaj s’inspire d’ailleurs à fond). Dans « Anaconda » comme dans les raps masculins le mec a toujours l’argent pour l’acheter par exemple.. Enfin il faut pas oublier que les samples et même la production du titre « Anaconda » est en fait une référence à un single de 1992 de Sir-Mix-a-Lot dans lequel sont reproduits à peu près tous les stéréotypes dénoncés dans cet article. On y voit notamment le rappeur comparer son sexe à un anaconda, en paradant sur une scène en forme de gigantesque fessier, le tout sur de la Miami Bass (le visionnage de cette vidéo vaut vraiment le détour alors je te passe un lien : https://www.youtube.com/watch?v=boS6TQEgvhE) 😉 Voilà tout ça pour dire qu’à mon avis Nicki Minaj est plutôt dans une posture de mise en avant de codes séculaires du Hip-Hop (là j’abuse un peu), et surtout de sa personne. En fait elle répond avant tout aux codes du marketing et comme le milieu du rap est ultra-commercial se refaire les fesses ça rapporte ! En tout cas j’aime ton article et je vais te lire plus souvent, bises !

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