[Festival Lumière] Appel à la jeunesse

« Qui a déjà vu ce film ? » demandait Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière de Lyon et organisateur du Festival Lumière. « Qui, de moins de 30 ans, a déjà vu ce film ? » renchérissait ce dernier en plaisantant. Aucune main levée. Tout simplement parce que cette tranche d’âge était absente de la salle.

C’était durant la projection du Journal dune femme en blanc (Autant-Lara), séance pendant laquelle la moyenne d’âge du public était de 60 ans. Tout comme lors de la projection de Mariage à litalienne (De Sica), de Zanzibar (Pascal) ou encore de Joe Hill (Widerberg).

Lumière Sarra

Mais Taxi Driver (Scorsese) nous a rassuré quant à la subite disparition de la jeunesse lyonnaise en réussissant l’exploit d’avoir, lors de sa projection, une moyenne d’âge pour ses spectateurs d’environ 35 ans.

Quand on sait, d’après le CNC, que les tranches d’âge 15/19 ans et 20/24 ans ont les taux de pénétration du cinéma les plus importants (près de la moitié du public général), le problème n’est pas de se demander pourquoi les jeunes ne vont plus au cinéma. Car ils y vont. La question est : que vont-ils voir ?

L’érosion de la fréquentation en salles de ce cinéma de patrimoine est inquiétante.

Pourtant, le festival a démontré une réelle volonté de maintenir des voies de transmission intergénérationnelles, de présenter d’autres formes de cinéma que celles que propose (impose ?) le multiplexe le plus proche et de favoriser une pérennisation du film patrimonial.

Malgré tout, on peut observer le vieillissement d’un public adepte ou simplement curieux d’un cinéma moins dans « l’air du temps », voire moins abordable.

La jeunesse est moins captivée et n’est pas en mesure de renouveler une population de cinéphiles déjà très minoritaire.

La cinéphilie de patrimoine est-elle en train de mourir dans de vieux discours laudatifs ? Ce festival n’est-il que le dernier baroud d’honneur de quelques vieux dithyrambiques et passionnés ?

La culture d’aujourd’hui est assise sur les cultures passées. Et c’est un réel problème que la jeunesse ne s’y intéresse pas suffisamment ; cette même jeunesse qui devra construire la culture de demain.

Félicitons le Festival Lumière de faire cet effort de restauration, de conservation et surtout de diffusion de films de patrimoine. Mais l’année prochaine, essayons donc de voir moins de cheveux blancs sur ces fauteuils rouges.

Sarra Barrira.

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Une réflexion sur “[Festival Lumière] Appel à la jeunesse

  1. Bravo Sarra pour cet article qui pose vraiment un sujet de société.
    En conclusion; moi je dirais : Mais l’année prochaine, essayons donc de voir PLUS de cheveux NOIRS OU/ET BLONDS sur ces fauteuils rouges.

    J'aime

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